COLÈRE ET FOIE

La colère est communément associée aux troubles du foie et à juste titre.

C’est pourquoi lorsque l’on se sent sujet à la colère, il est recommandé de soulager son foie.

Mais dans cet article je souhaite vous présenter, à la lumière de Sainte Hildegarde, qu'inversement aussi, que la colère nuit au foie.

En effet Hildegarde nous met en garde sur la nocivité de la colère pour le foie, mais aussi et par ricochet, pour la rate, le coeur, les poumons, la peau et l'organisme en général, mais aussi et surtout pour l'âme.

Le foie détérioré engendre de la colère.

Inversement, la colère détériore le foie.

Ainsi un cercle vicieux s’installe.

Soudaine et brutale, elle nous laisse souvent démunis et impuissants, et l’on est tenté de l’accepter comme une fatalité, comme un “tempérament” que l’on subirait .

Dans cet article, je vous propose d’explorer la colère à la lumière de Sainte-hildegarde :

D’ou provient elle?

Faut-il l'exprimer?

Peut-on l’éviter?

Dans nos formations qui seront proposées dès l'automne, nous aborderons aussi les questions suivantes: 

Quel est le lien entre la colère, le foie et la peau ?

Quel est son impact sur le corps? 

Existe-il un avantage à la colère? 

Quels remèdes physiques peut-on apporter ?

Quel est son impact sur l’âme? 

Quels sont les remèdes spirituels ?

En attendant approchons nous de ce dragon si commun et méconnu: notre colère.

QU'EST CE QUE LA COLERE ?

L’étude de l'œuvre d’ Hildegarde de Bingen  que je mène actuellement à l’Ecole Sainte-Hildegarde en Belgique, m’apporte un éclairage très intéressant sur le lien entre la colère, le foie, la peau, les autres organes et l’âme.

Je suis très heureuse de vous le partager.

Grand personnage de la tradition catholique, Hildegarde de Bingen est une Sainte prophétesse mystique du XII ème siècle, qui a joué un rôle notable en santé (alimentation, remèdes naturels), en psychologie, en théologie (elle est Docteur de l’Eglise, c’est à dire qu’elle a apporté à l'Eglise de nouvelles compréhensions) et aussi en musique.

Voici la définition du Larousse de la colère: 

“État affectif violent et passager, résultant du sentiment d'une agression, d'un désagrément, traduisant un vif mécontentement et accompagné de réactions brutales : Se mettre en colère.”

On dit communément aussi que l’on “voit rouge” , on ressent alors une accaparement violent de tout son corps, qui se raidit, se durcit, et reçoit une force nouvelle, très puissante (ou peut alors réaliser des actions que l’on n'aurait pas la force de réaliser dans son état normal) , la colère “prend les rênes” de notre comportement, tel un cheval fou et très puissant.

C’est une forme de dictature impérieuse et extrêmement forte, qui réduit la liberté de penser et d'agir à quasi néant.

Dans la plupart des cas, nos accès de colère, d’une part endommagent grandement nos relations et nous font perdre du temps et de l’énergie à les restaurer, et d’autre part, sont hautement dommageables pour notre métabolisme puisqu’ils blessent le foie et donc l’ensemble du métabolisme, et acidifient le corps.

D’OU PROVIENT LA COLÈRE? QULE EST SON "CHEMIN" DANS LE CORPS?

Hildegarde de Bingen nous dit:

“Quand l'âme de l'homme sent qu'elle est agressée ainsi que son corps, par quelques désagréments, elle contracte son cœur, son foie et ses vaisseaux . Une sorte de brouillard se lève autour du cœur et le plonge dans l'obscurité .

L’homme devient triste, après la tristesse s’éveille la colère.

Un cœur affligé par la tristesse s'enveloppe d'une fumée chaude qui se diffuse dans toutes les humeurs et finit par irriter la bile. Le suc biliaire ainsi sécrété est donc chargé de cette colère silencieuse. Si cette colère n'est pas rapidement traitée, une fumée s'étend jusqu'à la bile noire. l’agite et la recouvre d'un brouillard épais et noir.

Celui-ci s’étend alors jusqu'à la bile, la compresse et en fait sortir une puanteur extrêmement amère.

Cette odeur infâme monte jusqu'au cerveau de l'homme et le rend malade d'abord dans la tête.

Puis cette substance agressive redescend dans le ventre, Perce intestins et entrailles de façon à ce que l'homme ne puisse plus avoir de pensée claire.

Il éclate de colère sans s'en rendre compte.

Cette colère irrite l'homme plus que tout autre trouble de son esprit .

Souvent l'homme décline par ses colères et peut contracter de graves maladies de peau : ces différentes d'humeur agissent l'une contre l'autre.

Le suc de la bile ( Bilirubine pigment jaune présent dans la bile) tourbillonne en l'homme et entre en conflit avec la bile noire (acide biliaire).

Si de telles agitations se répètent, l'homme tombe malade.

S'il n'y avait pas l'amertume de la bile ni la bile noire l'homme resterai toujours en bonne santé.”

(en italique: les ajouts du Docteur Wighard Strelow)

Hildegarde précise aussi le lien entre les pensées, le cerveau et la décharge de colère dans cet autre texte:

“Le cerveau est naturellement humide et gras, et il est le support de la science, de la sagesse et de l’intelligence de l'homme, si bien qu’il les maîtrise en les émettant et en les retenant: il retient aussi les forces de pensées. Lorsque les pensées sont dans le cœur, elles sont remplies soit de douceur soit d'amertume: la douceur fait grossir le cerveau, l’amertume le vide . 

[]

C’est dans le foie qu’est mise à l’épreuve la connaissance en provenance du cerveau, équilibrée par les énergies de l'âme. C’est l’humidité du cerveau qui par contact confère au foie son énergie, sa santé.

Dans la partie droite de l'homme se trouve le foie, en même temps qu’une grande chaleur.

La partie gauche abrite quant à elle le cœur et les poumons qui soutiennent les efforts de ces organes et qui puisent leur chaleur au foie comme à un fourneau.”

Voici ma tentative de synthèse du chemin de la colère tel qu’il est décrit par Hildegarde :

La colère est issue de l’association d’une tristesse et d’une sécrétion du foie.

L’origine du processus est une blessure qui affecte la personne.

Ce choc de la blessure impacte le coeur et le foie:

  • Le coeur est alors entouré d’une sorte de nuage et produit de la tristesse.

  • Le foie, dont les veines sont contractées, envoie de la “bile noire et amère”.

L’association “tristesse “ + “bile noire et amère”  transforme la tristesse en colère.

Des pensées amères se forment dans le coeur et montent jusqu’au cerveau sous forme d’une espèce de fumée nocive et puante.

Le cerveau alors “retient” cette fumée nocive, comme la rosée retient l’eau de l'évaporation nocturne. C’est comme une sorte de condensation.

Puis cette fumée amère vide le cerveau, puis elle redescend vers le ventre, frappe ses veines et ses parties inférieures et font sombrer l’homme dans une sorte de folie.

C’est la première fois que je vois décrit le chemin de la colère de cette manière, car généralement tout va très vite et on subit l’assaut sans conscience de quoi que ce soit. Mais je trouve que l’on peut ressentir ces différentes étapes dans ces quelques observations: 

  • Parfois lorsque la colère nous quitte nous pleurons: cela concorde avec le fait décrit par Hildegarde que l’origine de la colère est une tristesse

  • De même on peut ressentir que quelque chose “monte” 

  • On peut aussi ressentir le cerveau qui se vide d’un coup

  • Et enfin on ressent la violence de l’impulsion émotionnelle (le ventre)



Voici une interpretation médicale de ce texte par le médecin Wighard STREHLOW:

“ Cette réaction biochimique en chaîne décrit avec la plus grande précision ce que l'on sait aujourd'hui sur l'origine des pathologies auto-agressive destructrice du corps humain.

Le stress chronique surcharge le cœur avec des douleur, provoque une production accrue d'acide biliaire dans le foie.

La conséquence et une sur acidité du sang avec comme résultat des plaquettes sanguines circulant plus lentement. 

En théorie l'ensemble des tissus du corps peut subir une telle sur signification.

Il s'ensuit un manque d'irrigation par le sang, une oxygénation déficitaire et une insuffisance en éléments nutritifs.

Les tissus s'enflamment alors et meurent.

Un accident cardiovasculaire peut se produire à tout moment dans le cerveau, dans le cœur, les articulations supportent alors des inflammations rhumatismales et sur la peau se forme des eczémas.

Dans ce contexte nous trouvons ce que sainte Hildegarde appelle une puanteur extrêmement amère et agressive. Il s'agit d'oxygène moléculaire qui libère un oxygène radical.On les appelle également les radicaux libres ces radicaux libres se forme en surabondance dans les situations de stress. Ils attaquent les tissus, provoquent inflammation et destruction : le processus commence dans l'intestin.

Les radicaux libres percent la paroi,  ensuite les germes pathogènes, toxines et allergènes sont libérés et entrent dans les vaisseaux sanguins ce qui ne manque pas de déclencher une réaction forte d'autodéfense pour détruire ces envahisseurs dangereux. “

FAUT IL EXPRIMER LA COLÈRE ? QUE FAIRE QUAND ELLE ARRIVE ?

La psychologie moderne nous propose “d’exprimer sa colère”.

Dans la réalité, force est de constater que cette expression apporte rarement des fruits profitables.

Inversement, Hildegarde nous enjoint, de la maîtriser et de la réfréner, et ce pour 3 raisons:

  • la colère nuit au corps

  • la colère nuit à l’âme

  • la colère nourrit la colère

Nous développerons les 2 premiers points dans les articles suivants, mais voici l'explication du troisième point, que l’on peut aussi vérifier par expérience: en ouvrant un tout petit peu la porte de la cage de la colère, tout se bouscule, le fauve est lâché et la porte claque, largement béante, on ne maitrise plus rien.

Hildegarde explique cela de cette manière:

"Quand l’homme ne va pas au bout de sa colère, mais la supporte en silence, alors la bile s'arrête".

Et comme c’est cette “bile noire et amère” qui est responsable de la transformation de la tristesse en colère, sans l’action de cette bile la colère s’apaise.

UN EXCELLENT REMÈDE !

Pour y parvenir, un excellent remède (que j'ai moi-même testé :) proposé par Hildegarde et qui fonctionne très bien, est à prendre au moment où la colère s’annonce.

Il s’agit d’aller se faire chauffer un verre de vin rouge dans une casserole et d’y ajouter 2 ou 3 cuillères à soupe d’eau froide, puis de le boire. 

Ce remède est immédiat et très efficace. Il n’altère pas le foie car l'alcool s’est évaporé sous l’effet de la cuisson. 

La colère retombe instantanément.

Il suffit alors de laisser passer la vague en s'isolant un peu ou en allant se promener.

Les discussions et décisions constructives pourront s’en suivre.

PEUT ON ÉVITER LA COLÈRE?

Les apports de l’aromathérapie et d’Hildegarde, dans leurs aspects physiques et spirituels, nous encouragent à l'éviter ou à l'utiliser à bon escient, et nous en donnent les moyens.

Aussi verrons nous dans la formation à venir, des solutions alimentaires, des remèdes à base de plante et des voies de guérison psychologique et de notre rationalité.

En espérant que ces connaissances vous intéressent et vous seront utiles autant qu’à moi. 

En attendant je vous souhaite un beau printemps et une belle Détox.

Marie-josée