La Rose et l'Amour n°1: faire Naître, Naître

Petite fille, la très à la mode  “pression sociétale et familiale de genre” n’a pas dû être très forte ou ne m’a pas trop impactée.

En effet, je consacrais le plus clair de mon temps à “dresser” tout ce qui était dressable: nounours, vélo-chevaux (les copines s’en souviennent avec douleur je pense) et surtout escargots.

Pourtant les escargots ne sont pas la population la plus simple à dresser, comme je devais m’en apercevoir avec le bataillon d’élite en ma possession, que je m’appliquais à éduquer afin qu’ils sortent leur tête lorsque je tapotais avec une légendaire délicatesse sur leurs coquilles, afin d’imiter la pluie.

Leur mauvaise grâce à répondre à ce stimulus pourtant si judicieux me les a fait classer dans les fortes têtes, les durs à cuir .

Une autre passion étaient d’attaquer les garçons, du perçage d'oreille avec des aiguilles de pin et des glaçons (quel poltron d’avoir été se plaindre à sa mère qui est venue se plaindre à la mienne, il était pourtant consentant ! ), en passant par le détournement de mobylette (à la communion des 14 ans, contrairement à mon copain Denis,  j’avais reçu les couverts en argent, franchement...bon maintenant je les aime et je pense à ma grand-mère chaque jour de fête) , les lettres d’Amour anonyme et fausses et j’en passe.

Aucune de ces deux passions ne m’a tout à fait quittée d’ailleurs, l’une nourrissant l’autre, comme mon mari me le fait remarquer.

Il va s’en dire que l'expression de mièvre béatitude des poupées, leur rigidité, leur froideur, s'éveillait en moi pas le moindre émoi, alors que la douce fourrure des nounours, leur souplesse pour faire des salto au bout d’une laisse, sans parler de la douce chaleur des poils de mon cocker-cheval- confesseur- mannequin de couture-passion totale.

Il était donc extrêmement difficile à tout observateur attentif, fut-il des plus avertis, de percevoir ma nature innée de Mère dans mes occupations d’enfant.

Pourtant, pourtant, pourtant…

En dépit des passions si peu girly de mon enfance et de mon adolescence de cascadeuse, lorsque ma fille première-née est venue au monde j’ai dit: 

“Lorsque je suis née” .

Ce lapsus fut maintes fois réitéré dans l’année qui suivit cette révolution.

Rétrospectivement, je comprends que je suis née ce jour là, en Vérité.

Je suis née à l’Amour, mon premier jour d’Amour, pas de celui des humains, celui si commun et connu qui tire plaisirs, sentiments, avantages, baume au coeur et beaux films, pas celui des amoureux ni même celui de la passion pour les escargots ou le cocker de mon enfance, non le Véritable, celui qui veut “Le Bien de l’autre”, fusse au détriment de soi .

Une réalité nouvelle, bien au-delà du sentiment, des théories du genre, et de tout ce qu’il est possible de théoriser, très loin du rose girly, au cœur même de la Vie, dans le secret du Corps, du Sang et du Cœur, de l'Absolu.

De ma propre Maman, je me dis aujourd'hui encore que je ne pourrais jamais rendre ce qu’elle m’a donné. Mes enfants se diront peut-être la même chose.

Et la chaîne continue, le mystère de Vie et d’Amour s’incarne, de génération en génération, au -delà des modes et théories.

Le jour de cette première naissance,  mon cœur étanche fut déchiré,  la brèche fut ouverte, la Grâce pouvait descendre, et depuis je prie pour qu'elle le puisse encore.

Dans les 23 années qui suivirent, j’eu le loisir de constater que cet état d’Amour Véritable ne m’était ni “naturel”, ni “ constant”, et dans le domaine de l’Amour maternel comme dans d’autres, je me suis maintes fois déçue, et ai demandé pardon. 

De mes incapacités d’Aimer de cet Amour là, reste les limites, les manques, les pauvretés, donc les humilités. Les humilités, comme des creux dans la surface, permettent à la pluie de la Grâce, d’irriguer les terres arides.

C’est déjà cela, et c’est probablement le seul moyen que nous soyons irrigués : nos creux.

Voici la première série sur “L’amour ” en lien avec la Rose, que je vous présenterai bientôt. 

Mais quel Amour? Savez-vous qu’Aristote en distinguait trois ?

 

A bientôt pour la suite de la série : L’Amour et la Rose